This post doesn’t contain clichés

Suite à ma petite “dispute” avec Mereck, qui avait l’air d’avoir mal pris que je qualifie Setsumi de “tsuntsun”, il m’a pris l’envie d’écrire un billet sur les tsunderes. Après tout, ce type de personnages n’est-il pas mignon quand il veut ? Pourquoi cette conformiste désappréciation anti-conformiste contre ce genre ?
Comme d’habitude, avant de parler en détail d’un concept, et même s’il est connu, définissons-le rapidement ensemble : la tsundere est un personnage (généralement féminin) qui adopte au début de l’histoire une attitude froide, distante, voire même agressive (ce qu’on appelle le mode “tsuntsun“) soit envers tout le monde, soit seulement vis-à-vis du personnage principal masculin. Mais, au fur et à mesure de l’évolution de l’histoire et des relations de la tsundere avec les autres personnages, celle-ci va progressivement s’ouvrir aux autres et casser sa coquille hostile pour révéler une personnalité plus douce (mode “deredere“).
Le terme a cela dit évolué au fil des années et est de nos jours principalement utilisé pour désigner les personnages qui inter-changent entre leurs deux personnalités en permanence. En clair, la tsundere moderne ne change plus d’attitude selon une évolution faite au fil du temps, mais selon les situations immédiates auxquelles elle est confrontée.
Une mutation populaire à laquelle répondent toutes les tsunderes populaires d’aujourd’hui. Asuka même, dans le remake Rebuild of Evangelion, est devenue… une tsundere moderne. Alors que la série originelle dans laquelle est née le personnage date de bien avant la simple émergence du mot “tsundere”.
Ce qu’on reproche notamment aux tsunderes d’aujourd’hui, c’est ce modernisme qui leur fait perdre une bonne part de subtilité, cela à cause de la perte de l’évolution temporelle du perso. Mais aussi et surtout, ce modernisme a instauré un schéma assez précis de réactions et de mimiques au sein du genre, ce qui fait perdre de leur unicité à nos tsunderes modernes, qui tendent à se répéter et se copier les unes les autres dans leurs façons d’exprimer leurs sentiments tant tsuntsun que deredere.
Et cette critique est parfaitement compréhensible.
Cela dit, ce n’est pas parce qu’il s’est installé un schéma populaire de réactions chez les tsundere qu’absolument toutes le suivent à la lettre, loin de là. J’ai déjà évoqué Setsumi de Narcissu, mais je peux aller beaucoup plus loin. Intéressons-nous à des personnages très populaires et connus de tous !
________________________________________________________________

Haruhi Suzumiya (de la saga éponyme)
La chose a été beaucoup discuté, mais oui, je l’affirme haut et fort, Haruhi est bien une tsundere.
Simplement, l’une des subtilités d’Haruhi est que, bien que ses moments deredere soient très rares, elle n’est pour autant pas toujours en mode tsuntsun le reste du temps.
Un jour, un pote (total profane de la culture otaku mais qui par un certain hasard connaîssait le personnage d’Haruhi de visu) m’avait demandé ce qu’il y avait de mélancolique au juste dans cette histoire (qu’il n’avait donc jamais lu ou vu). La raison étant bien sûr qu’Haruhi est très souriante dans la majorité des artworks qu’on peut trouver la représentant. Passé le premier chapitre de la Mélancolie, Haruhi évolue effectivement très rapidement en un personnage assez jovial, même si elle fera une rechute à l’approche du climax de l’arc.
En fait, je définirais Haruhi comme une tsundere à trois aspects : joviale / bougonne / angoissée.
Si l’aspect jovial du personnage est celui que l’on voit le plus, on pourrait en fait le considérer comme partie intégrante de son mode tsuntsun. Car le “Mélancolie” du titre n’est effectivement pas là pour rien. Haruhi est un personnage qui cache en permanence une angoisse bien réelle derrière les deux autres aspects de sa personnalité. Son caractère joviale cache simplement avec plus d’efficacité sa faiblesse (et donc son côté deredere).
Mais n’oublions pas qu’une tsundere l’est toujours envers quelqu’un. Et c’est uniquement dans son caractère jovial qu’Haruhi exploite Kyon (personnage principal masculin) ou lui fait des crasses. Une bonne tsundere est une tsundere qui maltraite le sujet de ses désirs, ce que Haruhi fait cela dit avec un peu plus de subtilité (et de retenue) que pas mal d’autres tsunderes populaires. Mais c’est aussi à celui qu’elle révélera ses faiblesses en passant en mode deredere. Ce qu’Haruhi fait dans une scène particulièrement importante, celle du tramway après la visite de l’immeuble de Ryoko Asakura, qui est à l’heure actuelle l’unique passage de toute la saga où Haruhi révèle son aspect angoissé et toute la quintessence de son rare mode deredere. Si elle aura bien droit à d’autres petits passages deredere, Haruhi ne révélera pour autant jamais à nouveau son angoisse. Et cette scène et cette angoisse sont d’autant plus importantes qu’elles nous expliquent pourquoi Haruhi est Haruhi.
Car à l’inverse de la plupart des tsunderes classiques, qui ont un cacactère de cochon parce que’elles… ont un caractère de cochon, Haruhi a quant à elle développé sa personnalité particulière pour une raison bien précise.
________________________________________________________________

Kirino Kôsaka et “Kuroneko” (de Oreimo)
Je vois vos têtes et je sais que vous vous dites sûrement un truc du style : “Kirino est le pire exemple de tsundere possible !” (pour rester poli)
Mais vous aurez sûrement remarqué qu’il y aussi Kuroneko d’indiquée au-dessus. Eh oui, car, une tsundere ne l’ai pas forcément envers une seule personne.
L’une des rares bonnes choses dans Oreimo, c’est bien la relation Kiririn/Kuroneko !
Pourquoi ?
Pour une raison assez simple en fait : les deux personnages font toutes les deux leurs tsunderes… l’une envers l’autre ! Franchement, il fallait y penser ! Deux personnages qui font leurs tsuntsun l’un envers l’autre ! C’est un concept à la fois original, et au potentiel énorme. Kuroneko aurait dû être le personnage principal de cette histoire en fait.
Résumons un peu la relation entre les deux personnages pour le principe :
Les deux jeunes filles s’avèrent être de totales antagonistes l’une de l’autre. Kirino est une belle gosse aux cheveux et yeux claires, qui aime les petites soeurs et les magical girls ; tandis que Kuroneko est une pâle brunette qui aime les animes sombres et matures et qui se cosplay en quasi-permanence en son personnage préféré.
Mais malgré leurs goûts si différents et leur promptitude à critiquer ceux de l’autre et à se disputer dessus, on peut facilement déceler un sentiment différent derrière la façade de cette relation. Les opposés s’attirent, et la considération que chacune d’elles à pour les préférences de l’autre est palpable, même si difficile à bien définir (mais tant mieux, car c’est ce qui en fait sa subtilité). Si Kirino est rarement deredere vis-à-vis de Kuroneko, l’inverse se présente plus souvent, notamment par exemple avec la scène où elle gagne à un tournoi l’édition collector d’un jeu-vidéo de Meruru pour le lui offrir.
________________________________________________________________
En conclusion,
les tsunderes sont parfois plus subtiles qu’on le croit ! Si vous ouvrez les yeux et y portait attention, vous en trouverez facilement qui valent le détour (et qui se cachaient là où vous ne les attendiez pas).
